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dimanche 2 décembre 2007

Les Passagers du Roissy-Express

Les Passagers du Roissy-ExpressInvitation au voyage. Sortons des livres théoriques sur l'urbanisme pour aborder un récit de voyage, et pas n'importe lequel. Un matin de mai 1989, François (Maspero, l'auteur et narrateur) et Anaik (Frantz, la photographe) ont rendez-vous à l'aéroport de Roissy, destination... la ligne B du RER, ses arrêts couvrant la banlieue parisienne du Nord au Sud, et à l'arrivée 30 jours d'un journal de voyage qui n'a rien à envier aux précédents périples chinois de Mr Maspero.

Petit point géographique, cette ligne B couvre la région du Nord au Sud, du Vexin à la Bièvre, des coins les plus "difficiles" (Aulnay, La Courneuve, Drancy) aux villes les plus chics (Sceaux, Bourg-La-Reine), voire la pleine campagne, comme son terminus Sud, St Remy Lès Chevreuse. On a donc, en un voyage sur le Réseau Express Régional, une sorte de résumé de la région parisienne, ses paysages naturels et urbains, ses habitants, ses problématiques urbaines et sociales.

vendredi 13 juillet 2007

Le Modulor


L'une de mes premières lectures d'architecture. J'avais à l'époque, et je suis toujours frappé par la force conceptuelle d'un système censé fournir des bases à toute forme de construction. D'ailleurs Mr Le Corbusier se fait plaisir dans cet ouvrage à démontrer que pour tout formel qu'il est, son système n'en permet pas moins une grande diversité de formes. En témoignent les réalisations aussi diverses que les Cités Radieuses ou Chandigarh.
Pour l'anecdote, l'École d'Architecture de Grenoble a été bâtie par un adepte du Modulor, Roland Simounet, ce qui facilita grandement les travaux d'agrandissement entrepris en 2004 par Antoine Felix-Faure et Philippe Macary, car les dimensions de base furent simples à identifier.

samedi 23 juin 2007

Le piéton de New York


Le titre lui-même est une invitation à la flanerie. Dans une ville comme New York où tout est vitesse et hauteur, Mr Mumford nous invite à marcher, au rythme du piéton. Autre singularité de ce livre (en tout cas pour moi), ses articles sont des critiques, mais au sens de la critique de pièce de théâtre ou d'oeuvres artistiques.
En effet, via sa colonne dans le magazine
New Yorker, tenue dans les années 1930, Lewis Mumford analyse, commente, critique enfin des réalisations, soit locales (logements new-yorkais, bâtiments de l'ONU), soit plus lointaines (Maison Radieuse de Marseille, compte-rendu de son "tour d'Europe"), toujours avec la distance qui caractérise le critique, mais aussi avec une extrême justesse et une grande culture architecturale et urbanistique.
Il n'oublie en rien les difficultés du métier d'architecte et d'urbanisme, reconnait même volontiers les contraintes géographiques, administratives, ou autres - mais refuse toujours d'admettre la médiocrité des réalisations, et se permet d'apporter son lot de propositions qui auraient conduit, n'en doutons pas, à de meilleurs résultats.

Un parfait livre de chevet donc, à lire chapitre par chapitre (en fait, article par article), où au hazard des titres.

mardi 12 juin 2007

C'était la ville nouvelle

A considérer comme une suite imagée au livre de Bernard Hirsch, C'était la ville nouvelle, de Vincent Girard, couvre l'histoire de Cergy des débuts jusqu'en 2002, date à laquelle la ville nouvelle devient ville "tout court", oú l'Établissement Public d'Aménagement (EPA) cède la place au Syndicat d'Agglomération Nouvelle (SAN).
En historien fidèle, Christophe Girard retrace l'histoire de la ville nouvelle, depuis les années Hirsch jusqu'aux années 2000, avec forces anecdotes et images.
Ce livre, à l'initiative de l'EPA, est le pendant textuel du livre d'image Ville avec vue sortie au même moment, présentant 5 visions différentes de photographes sur Cergy.

mercredi 6 juin 2007

L'invention d'une ville nouvelle


Quelle différence peut-on faire entre un cité-dortoir et une ville ? la fonction justement. Dans une ville, il faut que les habitants trouvent non seulement le logement, mais aussi les commerces, le travail, les loisirs, y compris culturels. C'est là que le terme d'invention prend tout son sens. Avec l'épopée des villes nouvelles, la France a du créer de toutes pièces des morceaux d'urbanité, suffisamment crédible pour qu'au fil du temps les gens s'y sentent bien, et qu'ils acquièrent au final leur statut de ville, avec tous les attributs décrits plus haut.

Le livre de Bernard Hirsch, également sur-titré Oublier Cergy... est donc le roman de cette aventure pour la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, sans doute l'exemple le plus abouti de ville nouvelle réussie. Ça se lit comme un roman, dans lequel l'auteur, premier patron de l'Etablissement Public d'Amenagement (1965-1975) n'oublie ni les acteurs multiples (collectivités locales et nationales, ministres, habitants, paysans, ...), ni les péripéties d'un exécutif national omniprésent, ni les réflexions de son équipe, réalisant l'importance de la tâche qui leur incombait.

Au final, un livre émouvant sur des pionniers de l'urbanisme.
Pour le plaisir, je ne résiste pas à cette citation de cloture:

Pour terminer, je voudrais vous faire une confidence: cette ville nouvelle je ne la trouve pas si mal que cela. Est-elle belle ou laide, qu'est-ce que cela peut faire ? Moi je m'y sens bien et elle me plaît. [...] ma femme et moi, nous finissons pas y être sentimentalement attachés et nous commençons à nous apercevoir qu'il n'est pas si facile d'oublier Cergy.